Les comportements alimentaires dépendent de signaux physiologiques transmis par des hormones et des neuromédiateurs. La capacité de l’organisme à produire les bons signaux est étroitement lié à son hygiène alimentaire. Dans de nombreux cas, une bonne alimentation sur un terrain non-inflammatoire suffit à restaurer une signalisation saine et efficace.

Cependant quelques cas réfractaires ne répondent pas à cette approche, en particulier lorsqu’il existe une empreinte émotionnelle qui fait résonance avec le quotidien de la personne. Cette empreinte émotionnelle a pour origine une blessure accompagnée d’une émotion forte qui marque l’individu à vie. Chaque nouvelle situation qui rappelle cette émotion renforce les croyances et les comportements d’évitement.

Ainsi, de nombreuses situations très différentes les unes des autres peuvent faire naître par exemple un sentiment de culpabilité : culpabilité d’avoir blessé un proche, culpabilité d’avoir rendu un dossier en retard ou culpabilité de se reposer en rentrant le soir plutôt que d’entretenir la maison… Trois situations différentes avec un dénominateur commun : l’émotion vécue. La confrontation à cette émotion négative provoque en réaction la recherche d’une émotion positive pour gommer ce ressenti désagréable, par exemple une envie de manger.

Parmi les émotions négatives, les plus fréquentes retrouvées dans la pulsion alimentaire sont la culpabilité, la colère et les peurs (sentiments d’insécurité). Elles induisent des comportements qui s’expriment fréquemment dans la recherche d’aliments réconfortants. Les aliments réconfortants sont propre à chacun. Ils prennent une charge émotionnelle positive à partir de l’enfance et s’inscrivent dans l’histoire de la personne comme un refuge sécurisant et apaisant vers lequel il est possible de se tourner facilement.

Il me semble fondamental d’aborder un dernier point, le référentiel émotionnel. Nous n’avons pas tous le même degré de ressenti des émotions. Il est fréquent de retrouver chez la personne en surpoids ou obèse une hypersensibilité et une empathie plus marquée que chez l’individu « normal ». Le référentiel émotionnel de ces personnes est différent, les rendant plus vulnérables à leurs émotions mais également aux émotions des autres qu’elles sont en général capables de percevoir… Des émotions vécues plus intensément et plus fréquemment qui les conditionnent, si leur taux de sérotonine est bas, à devenir gros.