Plusieurs études scientifiques ont montré que la sérotonine affecte le comportement alimentaire et le poids corporel. Chez les personnes obèses, les auteurs de ces études ont relevés de faibles taux de sérotonine qui étaient associés à un attrait particulier pour les aliments sucrés. Par ailleurs ils ont montré qu’une augmentation des taux plasmatiques de sérotonine était corrélée à une diminution de la prise alimentaire, une perte de poids et à une augmentation des dépenses énergétiques.

Nous savons aujourd’hui que la sérotonine est un neuromédiateur directement impliqué dans la gestion des émotions. Appelée également hormone du bonheur, elle permet de prendre de la distance sur les évènements et d’atténuer leurs impacts émotionnels. Elle est fabriquée à 85 % par les nombreux neurones présents dans l’intestin, les 15 % restants étant fournis par le cerveau. D’un point de vue chronobiologique, elle commence a être fabriquée vers 18 h avec un pic de production autour de 23 h chez un organisme sain. C’est donc vers 17 h que les taux sont au plus bas, ce qui correspond également à l’apparition du grignotage ou des envies de manger incontrôlées.

Le précurseur de la sérotonine est le tryptophane, acide aminé essentiel présent naturellement dans notre alimentation (viande, poisson). Cet acide aminé intervient dans plusieurs fonctions essentielles de l’organisme dont la fabrication de la vitamine B3. Les consommations de vitamines B3 sont importantes en cas de prise de pilule et de stress et nécessite de grandes quantités de tryptophane. Par ailleurs, dans certaines circonstances, le tryptophane est détourné par une enzyme appelée IDO qui le transforme en un dérivé inutilisable par l’organisme. Les besoins en tryptophane peuvent donc être élevés et cet acide aminé rare fat rapidement défaut par manque d’apport.

Des études effectuées sur des patients obèses ont montré qu’une supplémentation en tryptophane provoque une diminution de la prise alimentaire et une perte de poids. Cette approche est une manière naturelle de minimiser l’impact de faibles taux de sérotonine.
La prise en charge des troubles du comportement alimentaire passe invariablement par le traitement du déficit en sérotonine afin de restaurer des taux corrects. En suivant ce protocole, les pulsions alimentaires disparaissent, les troubles du comportement alimentaire se résorbent et la perte de poids s’inscrit dans la durée. Fini avec les régimes yoyo !

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