Le mal qui monte

15 à 20 % de la population a été, est, ou sera un jour, confronté à une maladie allergique, estime l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Parmi les différentes allergies répertoriées, l’une d’elle est l’allergie alimentaire (ou intolérance alimentaire). Un phénomène en constante progression ces vingt dernières années, mais qui serait trop récent pour permettre à la communauté scientifique de prendre pleinement conscience de l’ampleur du problème et d’être unanime sur le sujet.

État des lieux sur des zones d’ombre qui persistent

Le système immunitaire intestinal est le plus important de l’organisme. Il est chargé de faire un barrage presque infranchissable à tous les pathogènes (virus, bactéries, champignons, levures, substances toxiques…). Les aliments, eux bénéficient d’un traitement de faveur puisqu’ils sont tolérés malgré leur nature exogène mais à condition qu’ils soient parfaitement digérés par le système enzymatique du tube digestif et qu’ils soient absorbés par la muqueuse intestinale. Cette exception s’appelle la tolérance orale.

Si la muqueuse intestinale perd son intégrité (inflammation chronique, stress, traitement antibiotique…) et devient poreuse (hyperperméabilité intestinale), des antigènes (protéines partiellement digérées) vont rejoindre le sang et être reconnu par le système immunitaire comment étant des étrangers.

L’hypersensibilité alimentaire est donc une sensibilité immunitaire accrue vis-à-vis d’un aliment parce que l’équipement enzymatique pour digérer cet aliment fait défaut et que la tolérance orale de cet aliment est levée. Elle est responsable de la mise en place d’un processus d’inflammation chronique au niveau du tube digestif qui en cascade peut favoriser une perte de l’intégrité de la muqueuse intestinale et la propagation à l’intérieur de l’organisme de facteurs exogènes potentiellement immuno-excitant.

L’hypersensibilité alimentaire se traduit le plus souvent par divers troubles. Dans les faits, cela se traduit par une souffrance quotidienne dont la cause est difficilement identifiable : gênes ou douleurs intestinales (ballonnement, selles irrégulières, acidité gastrique…), fatigue, sommeil perturbé, dépression ou humeur instable, infections ORL à répétition, douleurs articulaires et musculaires, maux de têtes, pathologies cutanées et maladies auto-immunes… autant de symptômes qui signent l’installation d’une inflammation chronique non résorbable étroitement liée à l’état de la sphère digestive.

Une fois le diagnostic posé, le traitement du foyer inflammatoire digestif passe par l’éviction de l’aliment identifié pendant plusieurs semaines. Il est rare que l’hypersensibilité alimentaire soit circonscrite à une seule famille d’aliments, il est beaucoup plus fréquent de trouver plusieurs aliments à l’origine des troubles digestifs.

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